Ane Brun: lumière de Norvège

La Norvégienne Ane Brun a charmé le Petit campus, samedi. Photo d'archives Wiki Commons.

L’exclamation toute personnelle est survenue durant la bien nommée The Voice : Quelle voix !, cette Ane Brun, me disais-je, samedi soir, dans un Petit campus où les spectateurs étaient suspendus aux lèvres de la Norvégienne de passage sur nos terres.

Par Philippe Rezzonico

C’est une chose de faire un constat à l’écoute d’un disque. C’en est une autre de mesurer le même talent une fois que l’artiste se trouve sur une scène sans aucun paravent. Sans filet de sécurité. Et Ane Brun (prononcez brou-ne) n’a pas peur de plonger dans le vide.

Cette voix aux inflexions tellement similaires à Kate Bush, donc, peut être à la fois aérienne et survoler tous les instrumentistes de son quintette. Ce fut le cas durant The Voice, mais aussi pour Workship et The Light From One.

On se dit que dans une autre vie, dans un autre siècle, Ane Brun fut une corne de brume qui servait à guider les drakkards des Vikings au travers des embruns quand ils tentaient de rejoindre leurs côtes. Dans un petit club, la métaphore prenait tout son sens, tellement il n’y avait que sa voix que l’on entendait, en dépit de la solide contribution des ses collègues.

Spectre large

Brun peut toutefois changer presque complètement de registre vocal. Ce fut le cas quand elle a présenté un « classique de Ane Brun », soit la chanson To Let Myself Go. Tout d’un coup, la tonalité était presque celle d’une Amy Winehouse, grave et profonde. Le plus souvent, Brun obtient un bel équilibre entre l’apport vocal et les structures de ses compositions où la batterie et les claviers occupent une place importante.

La Norvégienne seconde ses collègues le plus souvent à la guitare, mais elle profite parfois des passages rythmiques pour danser d’une façon peu orthodoxe, en raison de sa stature carrée.

Tantôt, elle demande à la foule de la seconder, comme ce fut le cas pour Oh Love, durant laquelle les spectateurs ont chanté à l’unisson « Go on believe », tandis que Brun, sa bassiste, ainsi que sa claviériste-percusionniste Elin Roth Sivgardsson ajoutaient des harmonies splendides.

Arcade Fire

Des fois, Brun retenait l’attention tout seule, comme lorsque qu’elle a interprété en mode guitare-voix une version épurée au possible de Neighborhood # 1, d’Arcade Fire, comme elle l’a fait tout durant sa tournée européenne.

Sa livraison de Do You Remember, la chanson la plus connue de son dernier album paru en 2011, était encore plus tribale sur scène que sa version studio, comme si elle sortait de l’Afrique profonde ou d’un disque de Tracy Chapman.

Après une décennie de carrière et huit albums derrière elle, la Norvégienne a trouvé son public et s’est bâti une fidèle base de fans. On se dit qu’il ne lui manque pas grand-chose pour rejoindre un public plus vaste, tant sa musique possède des qualités universelles.