Coup de coeur : Sunny, ses cœurs et ses cuivres, le coup de chaleur

Sunny Duval et Mara Tremblay en feu. Photo courtoisie Coup de coeur francophone/Jean-François Leblanc

La procession se fraie un chemin entre les tables et les chaises, tambours, cuivres et percussions à la main, dans une ambiance festive au possible. Sommes-nous en Louisiane, non loin d’un bayou près de Lafayette? Sommes-nous dans une boîte de nuit de La Nouvelle-Orléans? Non. Nous sommes à Montréal, au Lion d’or, avec Sunny Duval et ses SweetCœurs qui embrasent le club.

Par Philippe Rezzonico

Si le Coup de cœur francophone se cherchait un coup de chaleur en ce premier week-end de festival, il l’aura trouvé avec Sunny, son band, ses cœurs et ses cuivres  qui auront offert une prestation aussi vitaminée qu’explosive vendredi soir.

Amour d’amour, le plus récent disque du guitariste, est un album qui exulte l’amour et les influences d’une demi-douzaine de styles musicaux qui, lorsque bien mélangés, se révèlent irrésistibles. C’est encore plus vrai sur les planches.

Avec sa rousse de blonde, Mara Tremblay (guitares, violon, tambourine), Victoria Lord (chœurs, tambourine, guitare, percussions), Mark Hébert, (basse), Patrick Nadon (batterie) et une section de cuivres (saxophone, trompette, trombone) toute féminine, Duval a maintenu un rythme d’enfer durant plus d’une heure et demie, pigeant dans son nouveau disque, ses anciennes galettes et des classiques de la Louisiane.

Chaud devant

Vous en voulez des cuivres chauds? Il fallait entendre les nappes fondantes qui dégoulinaient sur Fleur d’oranger et Belle comme la braise, d’entrée de jeu, puis, lors d’une portion centrale qui comprenait Se concentrer…c’est difficile, Philippine (ça a fait boum!) et la mythique Iko Iko, rien de moins qu’incendiaire. Duval avait bien raison de noter que « pour des blancs », c’était pas mal…

La force de ce spectacle, c’était en bonne partie le fait qu’il n’était pas linéaire pour un sou et que certaines chansons n’étaient pas offertes là où l’on aurait pu les attendre.

Tenez, l’irrépressible Amour d’amour, premier extrait du disque, brûlot pop, rock et yé-yé tout à la fois, je l’attendais plutôt tard que tôt. Du tout. Sunny nous l’a balancé dès la troisième chanson (percutante), enchaînant avec J’aime quand tu m’appelles mon amour et J’ai hâte à ce soir, des titres parmi les plus rock de son nouveau répertoire. Une première claque vibrante.

Des cuivres et des percussions prêts pour la fête. Photo courtoisie Coup de coeur francophone/Jean-Francois Leblanc

En revanche, il avait placé la funky Fou de toi, dédiée à Boule Noire, et Ta face, offrande galopante aux épices zydeco qui repose sur le violon de Mara Tremblay, aux avant-postes de son segment « New Orleans », histoire de modifier le rythme sans rupture brusque. Pacing impeccable, doit-on noter.

Mais on ne peut renier son passé de franc-tireur de la six cordes. Après une Sire Louis où Victor, le fils de Mara, est venu s’acquitter de la tâche à la batterie (bel avenir, ce gamin), Duval a enchaîné un trio de bombes rock n’ roll.

En pigeant dans Sein Noir, Sein Blanc (2010), il a aligné Bi-Ki-Ni, Sein Noir, Sein Blanc et Sauvage avec une fougue qui tenait presque de la hargne : un croisement entre Eddie Cochran, les Sex Pistols et les Breastfeeders. Du tonnerre.

Du funk, des rythmes louisianais et du rock n' roll. Photo courtoisie Coup de coeur/Jean-François Leblanc.

Il fallait voir Mara et Victoria Lord qui dansaient de façon éperdue tout en apportant leur concours avec les indispensables chœurs. À côté de ça, une séance de cardio, c’est de la rigolade.

Le groupe fiévreux pouvait conclure au rappel avec un autre solide doublé (SweetCoeurs, Oiseau de nuit) avant d’entamer sa procession finale. On se serait cru sur la rue Bourbon, n’en doutez pas. Croyez-moi, je parle d’expérience.