FIJM, jour 4: la consécration – définitive – des Barr Brothers

Sarah Pagé et sa harpe apportent une personnalité propre aux Barr Brothers. Photo courtoisie Montréal en lumière/Victor Diaz-Lamich.

On l’a vu aux Francos avec Catherine Major, Philippe B, Ariane Moffatt et Cœur de pirate. Leurs spectacles présentés plus tôt dans l’année ont tous été plus convaincants durant le récent festival de musique francophone. Ce fut la même chose pour The Barr Brothers qui a confirmé dimanche son statut de groupe majeur de la scène anglo-saxonne au Métropolis.

Par Philippe Rezzonico

A quelques variantes négligeables, The Barr Brothers a présenté essentiellement le même spectacle que celui offert en février au Club Soda, lors du Festival Montréal en lumière. J’avais titré alors que leur groupe était en mode consécration. C’est maintenant chose faite…

Dans un Métropolis pas mal plus vaste que le Soda mais bondé à craquer du parterre au balcon dans sa configuration cabaret (tables et chaises), la bande à Brad Barr – avec son carré rouge – a offert la même cohésion de jeu et le même souffle de fraîcheur même si l’enjeu était bien plus grand.

Nouveaux fans à conquérir

Car quand tu attires de plus en plus d’amateurs qui ne te connaissent que de nom ou de renom, tu n’as pas le droit de rater ta première impression. Et des spectateurs qui n’avaient jamais vu The Barr Brothers, il y en avait plusieurs dans le Métropolis.

Quand Brad a tiré sur sa corde de guitare lousse afin d’y extirper des variantes de sonorités en amorce de Kisses From Chelsea – ce qu’il fait fréquemment en spectacle – on a entendu la réaction d’étonnement de dizaines de spectateurs qui n’avaient jamais vu ça. C’est lorsque que les applaudissements ont fusé qu’on a réalisé à quel point il y avait des nouveaux fans dans la salle. Et ils n’ont pas été déçus…

Brad Barr, un guitariste inventif. Photo courtoisie Montréal en lumière/Victor Diaz-Lamich.

Je crois bien que l’échange… Le pont… Bref, la conversation instrumentale débridée entre la guitare de Brad et la harpe de Sarah Pagé durant Deacon’s Son était encore plus menaçante qu’en février. Les cordes de l’instrument massif de la musicienne ressemblaient à des rasoirs qu’on aiguisait.

Plus je vois ce groupe (c’était la troisième fois) et plus je me dis que c’est Pagé – qui portait une robe rouge éclatante – qui est leur carte maîtresse. Malgré la qualité indiscutable des chansons, l’ajout de cuivres et l’originalité de la proposition – pas mal, les roues de vélo en qualité d’instruments -, sans cette harpe dont les notes qui en émanent peuvent être aussi sensibles que mordantes, The Barr Brothers serait un autre bon groupe d’inspiration folk-rock comme il y a en a tant d’autres.

Avec Pagé et sa harpe, ce groupe possède une personnalité à nul autre et peu explorer des avenues musicales prohibées pour d’autres collectifs.

Contrastes

C’est quand même fascinant d’entendre une nouvelle chanson charpentée guitare/harpe/cuivres rivaliser de beauté avec une composition de l’école classique et, lors de la chanson suivante (Cryin’), de voir ce même band passer à des textures blues bien crasses, comme si Robert Johnson et Jimmy Page se relançaient.

Ce spectacle de très haute tenue était le parfait complètement après avoir vu la solide performance en extérieur de 20 heures de Moriarty qui baignait dans les mêmes eaux et la première partie de Alexi Murdoch, qui a retenu l’attention avec sa voix grave et ses bonnes compositions.

Et il nous restait encore Meshell Ndegeocello à voir au Club Soda…

 

 

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