Musique: ventes en hausse en 2011. Mais qu’a-t-on acheté?

Est-ce qu'un Vincent Vallières a profité de la hausse numérique? Photo d'Archives. Courtoisie Pascal Ratthé.

Avec une majoration de 4,7 pour cent des ventes de musique tous formats confondus, le Québec aura fait mieux que les États-Unis et le Royaume-Uni au chapitre des ventes de disques pour l’année 2011.

Par Philippe Rezzonico

C’est ce qui ressort des chiffres dévoilés, mardi, par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec. Comme en 2008 et 2009, le total des enregistrements audio vendus au Québec durant l’année dépasse le plateau des 10 millions d’unités (10, 314 m), soit 4,7 pour cent de mieux qu’en 2011 (9, 85 m). Les Etats-Unis ont connu une hausse de un pour cent en 2011. Le Royaume-Uni, une baisse de cinq pour cent.

Ce chiffre comprend tous les albums physiques (compacts, vinyles, cassettes) ainsi que les albums numériques et les pistes numériques unitaires (cela en prend 13 pour compter pour un album).

L’ensemble des albums vendus à la pièce (formats confondus) est de 9, 2 millions, en hausse de 1,2 pour cent par rapport à 2011 (9, 1 m). Baisse de 4, 3 pour cent pour les albums physiques (de 8,1 à 7,8 millions), mais ascension spectaculaire de 47, 6 pour cent des albums numériques qui franchissent la barre du million de ventes (1, 415 m) pour la première fois de notre histoire.

Majoration énorme pour les titres numériques téléchargés qui passent de 9, 2 à 13, 8 millions, une hausse de 50 pour cent. En revanche, c’est la déroute pour le DVD qui chute de 44, 6 pour cent en regard de l’année précédente.

Marché haussier
Comme pour le marché américain, ces chiffres ont de quoi rassurer à court terme une industrie fragilisée. Le Québec a mis un temps fou à passer en mode numérique et il est permis de croire que ce mode d’achat va s’accroître durant quelques années avant d’atteindre le plafonnement lié à notre démographie.

Et comme les albums physiques chutent à une moyenne de 4 pour cent par année depuis 2008, on peut prévoir que la hausse des ventes numériques va désormais compenser pour les baisses du support physique.

Bref, on se pète les bretelles ? Vraiment pas. Ce que ces chiffres ne disent pas, c’est quel genre de musique les Québécois se sont procurés en 2011. Ce n’est pas uniquement de la musique faite chez nous, ça, on le sait.

Je me dis qu’un Vincent Vallières ou qu’une Mara Tremblay ont profité de ce nouvel engouement. Mais quand je vois 13 millions de titres téléchargés à l’unité, je me dis aussi qu’il y a des tas de chansons d’Adele, de Lady Gaga et de Katy Perry là-dedans.

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