Francos, Jour 7 I Cavalons – ou pas – avec Cœur de Pirate

Photo courtoisie Francos/Victor Diaz Lamich

Le plus récent disque de Cœur de Pirate se nomme Cavale. La tournée du même nom s’est donc arrêtée à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, vendredi, lors des Francos de Montréal. Bon choix de salle? Ça dépend de la manière dont on voit les choses.

Par Philippe Rezzonico

Choix amplement justifié pour ce qui est la capacité de quelque 3000 sièges de la salle qui convient parfaitement au statut international de l’artiste. Cela s’applique également pour le dispositif scénique avec cet écran circulaire de lumière suspendu et son plus petit équivalent sur les planches. En revanche, la teneur du spectacle aurait peut-être été mieux servie dans un environnement plus restreint.

Après une amorce en solo au piano – toujours l’une de ses forces -, Cœur de Pirate a délaissé son instrument durant environ une demi-heure durant laquelle elle a été uniquement chanteuse… et danseuse.

Évidemment pas du genre ballerine aux Grands ballets canadiens, mais plutôt en mode danse contemporaine. Les enfants des temps derniers, Terre Inconnue, Drapeau blanc (excellente) et Mélancolie, notamment, ont bénéficié de cette valeur ajoutée. Large gestuelle, pas léger, poses magnifiées. Tous ceux qui ont connu l’artiste à ses débuts se souviennent à quel point elle était statique derrière son micro quand elle quittait ses ivoires. Amélioration majeure au plan de la forme et splendide façon d’extérioriser ses œuvres.

Photo courtoisie Francos/Victor Diaz Lamich

En revanche, à ce moment, elle n’était soutenue que par deux instruments, hormis des bandes enregistrées. Ce qui aurait pu mener aux moments dansants collectifs qu’elle anticipait lors de sa première allocution aux spectateurs ne s’est pas matérialisé. Un MTelus à parterre ouvert aurait sûrement mené à des moments plus festifs, et ce, avec les mêmes offrandes.

Saut dans le passé

Le retour sur son tabouret a coïncidé avec un changement d’ambiance et un retour dans le passé avec l’enchaînement le triplé formé par Francis, Corbeau et Place de la république, titres phares des deux premiers albums. Public et critique conquis.

Pour la reprise de Renaud (Mistral gagnant), Cœur de pirate a fait venir le pianiste néo-classique Simon Boisseau pour prendre sa place au piano, lui qui avait fait une belle impression en première partie avec son talent d’instrumentiste et une personnalité attachante. Duo impeccable.

Photo courtoisie Francos/Victor Diaz Lamich

L’interprétation de la mélodique Ensemble a été précédée de l’arrivée de quatre musiciens (notamment, trompette et saxophone) qui ont formé un bivouac autour du piano pour plusieurs chansons. Un bivouac après un segment intimiste? Pas sûr. Le groupe a joliment enrobé cette composition et les subséquentes, mais sans apporter le souffle potentiel que tant d’instrumentistes peuvent conférer.

Un autre Simon, Proulx, celui-là, chanteur des Trois Accords, est venu faire son tour pour partager Toujours les vacances avec l’hôtesse de la soirée. Chanson dédiée à tous les finissants scolaires, une considération importante pour Cœur de pirate qui a désormais une progéniture adolescente. Château de sable, interprétée plus tôt en soirée, était d’ailleurs liée à cette réalité de mère.

Cavale, nappée d’un solo de saxophone aussi chaud que puissant, a été vibrante à souhait, tandis que Oublie-moi et – obligatoirement -, Comme des enfants, ont bouclé ce savoureux concert qui aurait peut-être été encore plus satisfaisant dans une autre salle.

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