
Montréal. Palais des congrès. Septième étage. Dimanche matin, à 10h58. Combien sont-ils? Quatre-vingt? Quatre-vingt-dix? Une centaine? Bien difficile à dire, vu que la file d’attente est au moins de quatre rangées pour s’approcher de Christopher Lloyd.
Par Philippe Rezzonico
Les années se suivent, les records d’affluence (67 000 visiteurs cette année) s’accumulent, et chaque nouvelle édition du Comiccon nous amène des vedettes du passé qui n’ont pas perdu leur pouvoir d’attraction dans le présent.
Christopher Lloyd, que les plus âgés se souviendront d’avoir vu au grand écran dans One Flew Over the Cookoo’s Nest, en 1975, a été assurément l’une des vedettes les plus courues en fin de semaine, bien sûr, pour son rôle de Doc dans la trilogie des films Back to The Future avec Michael J. Fox. Et cette séance de dimanche n’était pas sa première…
C’était fascinant de voir ce que les amateurs de culture pop voulaient lui faire signer. Des photos de l’une ou l’autre des films, certes, mais aussi une affiche encadrée du premier film, ou encore, la planche volante du second volet.
Plus fascinant encore, les variantes de prix, qui sont, elles aussi variables, selon la notoriété de la vedette. Pour Lloyd, c’était 170 $ pour un article standard – les photos –, 200 $ pour un article premium et 250 $ pour un articule volumineux… comme la planche volante. Il y avait aussi des séances de photos avec Lea Thompon – la blonde de Marty dans Back To the Future – et une autre, avec la DeLorean garée dans la grande salle d’exposition, cinq étages plus bas. Là, on ne demandait pas moins de 305 $ pour être pris en photo avec l’acteur et la bagnole. Sans surprise, les distributrices de billets (ATM) étaient prises d’assaut dans la salle d’autographes.

D’autres vedettes étaient très courues était affichaient de solides files d’attente, notamment Nadji Jeter (Spider-Man : Miles Morales, The Last of Us). C’est d’ailleurs à ce moment que l’on a croisé le porte-parole de l’événement, Jason Rockman, qui était en train d’authentifier des photos signées pour son fils et des causes caritatives. Parce que, oui, de nos jours, il y a autant de faussaires que de fake news et ce n’est pas une mauvaise idée de certifier les signatures. Et oui, ça coûte 5 $…
C’est Jason, justement, qui animait la discussion avec Llyod et Tompson, plus tard en après-midi, dans la plus grande salle de conférence qui était remplie à craquer. A 87 ans, Lloyd est un peu plus hésitant dans ses réponses, mais pas tant dans ses souvenirs qui allaient bien plus loin que les Back to the Future. Son anecdote sur la manière dont on annonçait les auditions dans les journaux dans les années 1970 était savoureuse. Thompson, maintenant âgée de 65 ans, a été gracieuse au possible en donnant un coup de pouce à son vétéran collègue. Un beau moment de partage.
Giancarlo Esposito (The Mandolarian, Breaking Bad), Chris Noth (Sex In The City), Tom Welling (Smallville), Ron Pearlman (Hellboy) et Robert Englund (le légendaire Freddy Krueger), notamment, ont attiré beaucoup de monde. Englund a même partagé une photo avec Hugo Meunier. Entre légendes, c’est vous dire…

Évidemment, il y avait tout le reste : exposants, artistes, créateurs, vendeurs de toutes sortes de choses aussi plaisantes qu’inutiles, mais qui font tellement de bien quand on se les procure. Et on note un retour en force des magasins de comics qui, ne l’oublions pas, sont la source première – il y a longtemps – de cet engouement planétaire.

Cela dit, les vedettes, aujourd’hui, c’est un peu beaucoup le public lui-même qui se costume pour avoir du plaisir durant un week-end et oublier ses tracas du quotidien. Même les mascottes des Canadiens de Montréal avaient l’air d’Angine de Poitrine.

N’est-ce pas l’essence même de ce genre d’événement?