
Photo courtoisie Santa Teresa/ronny@contentcontent.ca
Les amateurs de musique présents, samedi, au festival Santa Teresa, auront finalement eu droit à de multiples déclinaisons de hip-hop avec une affiche principale qui faisait la part belle au genre.
Par Philippe Rezzonico
Contrairement à la soirée d’ouverture de vendredi, le premier festival de la saison dans le Grand Montréal aura été épargné par les éléments (flotte et froid). Il régnait donc une ambiance aussi conviviale et familiale quand Statzz s’est pointé sur la grande scène sous le soleil un peu après l’heure de l’apéro.
Avec l’église de Sainte-Thérèse en arrière-plan, le jeune artiste, aussi charmant que charmeur, a visiblement comblé un bon nombre de festivaliers avec son hip-hop a forte dose mélodique. Sur scène, Statzz est visiblement le jeune homme que toute mère voudrait avoir comme fils.
Prévenant avec son public, il incite les amateurs à chérir la personne la plus importante pour eux avant l’interprétation de Ma personne, où la phrase : «T’es ma personne à moi» sonne comme une romantique déclaration d’amour.

Des chansons comme Belle, sérieusement nappée de guitare, font appel à des sentiments universels qui touchent autant les adolescents d’aujourd’hui que leurs aînés. Cela explique le petit côté rassembleur du jeune homme dont les textes sont parfois quelque peu génériques. Peut-être pas la tasse de thé des puristes du hip-hop, mais assurément de quoi plaire à une autre frange de public.
Changement d’univers tout de suite après avec la présence de LaF, trio qui, mine de rien, aura dix années au compteur l’an prochain.
Tant au niveau des textes, plus complexes, que de la musique, étoffée, et de la présence de scène, à l’unisson ou complémentaire au plan vocal, LaF est pas mal à des années-lumière de Statzz. L’énergie du trio (Bkay, Jamaz, Mantisse) nous rappelle celle des jeunes Loco Locass il y a 25 ans et les couches de saxophones ou de flûte traversière qui colorent nombre des chansons confèrent au tout une ambiance très particulière.

Photo courtoisie Santa Teresa/Ronny@contentcontent.ca
Le propos de titres comme Avalanche, Polymère et Mizata et son leitmotiv («faut le voir pour le croire») frappent dans le mile pour ce groupe champ gauche qui a fait honneur au brasseur local qui commandite l’événement. Santé.
Pour sa part, Aswell fut très rentre-dedans. Le jeune homme qui a accumulé des millions de vues de ses chansons avant la parution de son premier disque a pris d’assaut la scène au couchant en criant «Où je m’en vais», titre de l’une de ses compositions.

Dynamique, flanqué d’un trio de musiciens (guitare, batterie, claviers) qui déménage, l’artiste attire naturellement l’attention et fait preuve d’une belle solidarité Il a ainsi invité le jeune duo de Kinji00 (17 et 19 ans) à chanter leur propre chanson, Fleur de lys, eux qui avaient vécu une déconvenue une heure plus tôt en voyant leur court intermède (une dizaine de minutes) près de la zone VIP complétement torpillé par l’absence de retour de son. Une catastrophe. Pas de leur faute. Cette fois, les deux jeunes ont pu démontrer leur potentiel avec leurs chandails aux couleurs du Québec.
Il ne restait qu’à Fredz à boucler la soirée, lui qui était attendu par des jeunes tellement jeunes qu’ils étaient accompagnés de leur parents. Phénomène Tik Tok, l’artiste originaire de Longueuil a la cote auprès d’un public qui découvre la musique sur cette plateforme.

Celui dont le fond de scène était décoré d’un croissant de lune (joli) verse dans le hip hop francophone à forte teneur pop et qui s’inspire nettement plus de l’Europe francophone que du Québec. Sa progression à émailler ses textes de «joueurs de foot» ou «à la bourre» sont explicites.
Cela dit, les chansons de ses disques au tempo dansant parlent d’amour, de relations personnelles, le tout, empreintes de poésie. Nous ne sommes pas dans le hip hop street, disons. Une autre déclinaison, finalement, de cette soirée qui aura démontré – comme s’il le faillait – que le genre musical dominant de notre époque n’est pas monolithique.