Piano voix diapos : Dumas comme vous ne l’avez jamais vu ni entendu

Photo courtoisie La Tribu/Louis-Philippe Eno

Au tournant des années 2008-2009, Dumas avait mis en marché quatre disques compacts (Nord, Rouge, Demain, Au bout du monde) qui regroupaient 43 ébauches de compositions dont plus d’une dizaine allaient trouver place sur l’album Traces (2009). Du jamais vu, du point de vue du chroniqueur d’alors, pour ce qui était d’un processus créatif. L’ami Steve n’a jamais eu peur de sortir des sentiers battus.

Par Philippe Rezzonico

C’est ce qu’il fait depuis quelques mois avec la présentation de son spectacle Piano voix diapos, dont deux supplémentaires étaient présentées à la 5e salle de la Place des Arts en fin de semaine.

Le piano, ce n’est pas lui, mais bien Gabriel Godbout-Castonguay, qui signe aussi les splendides arrangements. La voix, c’est bien celle de Dumas, mais quelque peu différente de celle que nous sommes habitués d’entendre dans ses concerts fougueux avec guitares mordantes. Les diapositives, qui sont maintenant siennes, ne l’étaient pas au départ, lui qui a mis la main sur ces petits objets d’une technologie d’antan que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître durant des mois, en amont de son spectacle atypique.

Atypique, parce que voir et entendre Dumas avec ses chansons dépouillées comme jamais, sans six cordes et – sacrilège – en étant assis, ça ne peut pas être plus antinomique que ça. Et pourtant, ça fonctionne à merveille.

Dans l’univers de Diaposisteve

À la fois chanteur, narrateur et maître de cérémonie, Diaposisteve, comme il se désigne, nous explique sa démarche créatrice à coups d’anecdotes dont certaines nous permettent de lever le voile sur son passé avant qu’il ne soit un artiste reconnu.

Il va de soi que ça déroute quelque peu, l’instrumentation au piano, pour des chansons entendues si souvent autrement. Mais l’écoute de J’erre, Le cours des jours ou d’Alors alors, qui étaient dansantes, trépidantes ou galopantes à l’origine deviennent tout simplement envoutantes, ambiantes et atmosphériques.

Dumas, qui n’a jamais été un chanteur à voix, est d’une intensité qui n’est pas sans rappeler Nick Cave avec son chant qui repose sur des tempos lents. Les thèmes retenus pour ses séances de visionnement sont judicieusement choisis et l’ensemble – propose, chanson, musique, visuel – se fond à merveille.

Si Dumas se servait de son présent pour nous démontrer la construction de son œuvre à venir en 2009, il fait le processus inverse ici, dans une forme de déconstruction élégante et savoureuse de son passé.

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Piano voix diapos en tournée au Québec jusqu’en juin, avec reprise en octobre jusqu’à la fin de 2026. Consultez l’horaire de tournée.

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