La – nouvelle – traversée du désert de la relève francophone

Galaxie, qui a mis le feu au Club Soda la semaine dernière, s'est imposé au GAMIQ. Quel est l'avenir pour ceux qui vont suivre? Photo Jean-François Leblanc/Coup de coeur.

La Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) célébrait dimanche ses lauréats 2011, parmi lesquels on comptait Galaxie, Jimmy Hunt et les Breastfeeders. Bravo. Bien mérité. Il y aura un autre gala en 2012, mais à en juger par l’érosion des ventes d’albums des artistes émergents au Québec, il n’y aura peut-être pas de raison de célébrer.

Par Philippe Rezzonico

On peut être un artiste émergent sans être un artiste alternatif, certes, mais souvent, l’équation est similaire. Il suffit de se souvenir des groupes ou artistes qui ont été mis en nomination au GAMIQ pour faire leur apparition après coup dans les catégories du Gala de l’ADISQ. C’est d’ailleurs pour cette raison que le GAMIQ avait modifié ses critères de sélection cette année, écartant de facto des gros joueurs comme Arcade Fire, Karkwa et Bernard Adamus.

Lire la suite

Chalk Circle: retour – coupable – vers le futur

Brad Hopkins (basse), Derrick Murphy (batterie) et Chris Tait (chant, guitare), de Chalk Circle. Comme dans le bon vieux temps. Photo courtoisie.

Dans la vie, il y a parfois des petits cadeaux inattendus. Le retour sur les planches montréalaises de Chalk Circle, plus de vingt ans après son démembrement, en était un. Soirée de pure et bonne nostalgie au Corona, samedi, où tout le monde a vécu son retour vers le futur.

Par Philippe Rezzonico

On le ressentait déjà dans le pub adjacent au club, où plein de spectateurs ont fait un détour avant la performance du groupe canadien : ça allait être une soirée ponctuée de plaisirs coupables. Coupable de célébrer un groupe que l’on croyait disparu qui nous a offert de bonnes chansons durant les années 1980. Coupable d’avoir le goût de faire la fête en ce samedi frisquet de novembre.

Lire la suite

J. Edgar Hoover: le mégalomane

Leonardo DiCaprio endosse le personnage de J. Edgar Hoover avec conviction. Photo courtoisie.

Quiconque s’intéresse un tant soit peu à l’histoire de la politique américaine connaît le personnage public qu’est J. Edgar Hoover, chef tout puissant du FBI qui aura survécu à huit administrations. Mais le portrait de l’homme brossé dans le film de Clint Eastwood nous apprend que l’organisme chien de garde de la justice américaine a été dirigé pendant près de cinq décennies par un individu dont la psychose rivalisait avec celle de certains extrémistes d’aujourd’hui.

Par Philippe Rezzonico

Bien sûr, J. Edgar repose de façon à peu près égale entre l’homme public et l’homme privé. Le premier aura modifié le visage de la criminologie moderne durant sa férule à la tête du bureau fédéral (1924-1972) qu’il a fondé. Tous les CSI de la terre doivent en partie leur mode de fonctionnement actuel aux procédés mis en place par Hoover (Leonardo DiCaprio).

Lire la suite

L et Philippe B : recueillement sonore

La Française L donnait un tout premier spectacle à Montréal dans le cadre du Coup de coeur francophone. Photo Jean-François Leblanc/Coup de coeur

Philippe B, ou comment se créer une bulle avec trois fois rien. Photo Jean-François Leblanc/Coup de coeur

Française ou québécoise, la chanson à texte possède une capacité de séduction indéniable. Et quand elle est offerte comme l’ont proposé Philippe B et L, vendredi, dans le cadre du Coup de cœur francophone, ça élève une salle comme L’Astral au niveau d’un studio d’enregistrement.

Par Philippe Rezzonico

On a beau se dire qu’un set comme celui de Philippe B offert en mode voix-guitare-harmonica incite forcément à une qualité d’écoute sérieuse, l’histoire a prouvé que bien des foules sont bavardes. Il allait de soi qu’on allait vouloir mesurer la finesse de la plume de la Française, lauréate du prix Félix-Leclerc aux FrancoFolies de La Rochelle 2011, mais de là à s’attendre à une telle attention… Et pourtant. Nous étions très souvent dans l’équivalent d’un recueillement sonore.

Lire la suite

Arno: le Belge possédé

Arno chante, danse et rue sur scène. Photo Jean-François Leblanc/Coup de coeur.

Le titre du plus récent disque d’Arno se nomme Brussld, à mi-chemin entre la prononciation phonétique de Bruxelles en anglais et un grommellement sonore. Sur scène, c’est exactement ça : ça écorche et ça rugit. Surtout quand la tête brûlée de la Belgique tient une forme de fin du monde.

Philippe Rezzonico

Affaire de famille, jeudi, à L’Astral. Comprendre, seul le parterre était rempli. Mais les spectateurs qui étaient là étaient des férus de l’artiste natif de la région d’Anvers. C’est peut-être la raison pour laquelle personne n’a sursauté quand Arno s’est amené pour livrer une version décapante de Brussels.

Lire la suite

Black Sabbath renaît – encore – de ses cendres

Si Ozzy tient la forme affichée en 2010 au Centre Bell, le retour de Black Sabbath pourrait être digne de mention. Photo d'archives courtoisie Pascal Ratthé.

Ozzy Osbourne et Tony Iommi ont un sens de l’humour singulier. Il le faut pour annoncer les retrouvailles du prince des ténèbres avec Black Sabbath le 11 novembre 2011 à 11 heures et 11 minutes, le Jour du Souvenir.

Par Philippe Rezzonico

Pour ceux qui l’ignorent, un décompte apparaît depuis le 4 novembre sur la page web de Black Sabbath. Ce décompte est celui d’un point de presse qui aura lieu au Whiskey A Go Go, vendredi, à 11 :11 du matin, heure du Pacifique. Pas l’impression qu’il va y avoir une minute de silence dédiée aux disparus des grandes guerres dans le célèbre club de Los Angeles précisément à ce moment..

Lire la suite

Louis-Jean, t’aurais pas dû…

Louis-Jean Cormier, de Karkwa. Photo d'archives. Courtoisie Alain Décarie.

Grosse tempête dans le cyberespace, mardi, lorsque Karkwa, par l’entremise de Louis-Jean Cormier, a décidé d’expliquer – lire ici, de justifier – sur sa page Facebook les raisons pour lesquelles le groupe a décidé de céder les droits de la chanson Le Pyromane pour des fins d’utilisation dans une pub télé de Coke. Louis-Jean, t’aurais pas dû….

Par Philippe Rezzonico

T’aurais pas dû, parce que cette chanson, cette œuvre, n’appartient qu’à toi et à tes collègues, vous, les créateurs. C’est comme si on reprochait à un peintre de vendre ses tableaux.

T’aurais pas dû, parce que bien des gens qui ont décrié votre position sont peut-être parmi ceux qui n’achètent pas la musique. Qui la piquent illégalement sur le web. La vôtre, notamment.

Lire la suite

Desjardins-Thério: Deux voix, un piano, une guitare et une cause

Richard Desjardins était en verve et en feu, dans le cadre du Coup de coeur francophone. Photo Jean-François Leblanc/Coup de coeur.

Marie-Jo Thério a conquis la salle comble de L'Astral en un tournemain. Photo Jean-François Leblanc/Coup de coeur.

Parfois, le minimum suffit. Ce fut le cas, mardi, à L’Astral, pour ce programme double qui faisait figure d’événement dans le cadre du Coup de cœur francophone : Richard Desjardins et Marie-Jo Thério. Quand l’essence devient l’essentiel.

Par Philippe Rezzonico

Pourtant, Thério et Desjardins sont dissemblables à bien des égards. Elle, avec son piano, son intériorité, son univers déluré, sa fluidité dans les deux langues, sa théâtralité et sa façon de performer sur scène. Lui, avec sa guitare, son franc-parler, ses compositions terroir, son langage coloré et ses dénonciations.

Lire la suite

L’improbable retour de Chalk Circle

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=2XJGNNgRiuM]

 

Est-ce possible pour des artistes de retrouver sur scène le même plaisir qu’à l’adolescence ? Chris Tait est prêt à vous le jurer sur une caisse de bibles. Et c’est d’ailleurs l’unique raison pour laquelle Chalk Circle sera sur la scène du théâtre Corona samedi soir.

Par Philippe Rezzonico

Chalk Circle ? Comme le chante Aznavour, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Je dirais même les moins de 30 ans, puisque le groupe canadien qui a connu un sommet de popularité dans la deuxième portion des années 1980 avait mis un terme à ses activités en 1990.

Chalk Circle sera pourtant dans une salle de spectacle montréalaise en fin de semaine, dans la ville où le groupe avait mis un terme à ses activités il y a plus de deux décennies.

Lire la suite

Éric Goulet: de l’ombre à la lumière

Après des années d'attente, Éric Goulet délaisse un temps son groupe Les Chiens pour plonger dans l'univers country. Photo d'archives. Courtoisie Alain Décarie.

On a vu passer le message sur la page Facebook, le 17 août: « Premier jour de studio : cinq chansons en boîte, non mais quelle équipe !» Et un autre le lendemain : «Bon, eh bien… sept chansons aujourd’hui, plus que trois à faire demain ; ça passe trop vite… Que de plaisir !»

Par Philippe Rezzonico

La page Facebook en question était celle d’Éric Goulet. Quand même merveilleux, Facebook… Près de trois mois avant la parution de l’album Éric Goulet, Volume 1, on savait déjà que l’enregistrement de l’album country du principal intéressé s’était déroulé de façon efficace dans un climat de bonne humeur.

Lire la suite