FIJM, jour 8: une soirée aux antipodes avec Milman et Kusturica

Emir Kusturica et The No Smoking Orchestra ont pris le contrôle du Métropolis jeudi soir. Photo courtoisie FIJM/Frédérique Ménard-Aubin

Emir Kusturica et The No Smoking Orchestra ont pris le contrôle du Métropolis jeudi soir. Photo courtoisie FIJM/Frédérique Ménard-Aubin

Soirée en deux temps. Je l’ai amorcé avec Sophie Milman au Club Soda pour la terminer en festoyant avec Emir Kusturica et le No Smoking Orchestra au Métropolis. Un coin de rue de distance mais impossible d’être plus aux antipodes.

Par Richard Bousquet

Commençons par la fin. Après une entrée en scène sur l’air de l’hymne national soviétique, l’orchestre serbe n’a pas perdu de temps à prendre le contrôle de la salle. Le cinéaste-guitariste et le chanteur-violoniste et grand maître de cérémonie, Nelle Jankovic, ont fait faire ce qu’ils ont voulu aux spectateurs qui avaient rempli la place: chanter, crier, danser, sauter, taper des mains et même garder le silence.

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FIJM, jour 6: Strunz & Farah: la magie de l’Ailleurs opère au Club Soda

Strunz & Farah ont surtout interprété des pièces de leur dernier opus, Journey Around the Sun. Photo courtoisie FIJM

À leur sixième passage au Festival international de jazz de Montréal (dixit Jorge Strunz), le groupe Strunz & Farah a fait étalage de son immense talent sans tomber dans les excès d’une virtuosité vaine.

Par François Vézina

Jorge Strunz est du Costa-Rica; son complice Ardeshir Farah a grandi en Iran. Il est naturel que leur musique soit empreinte d’influences arabes et carabéennes. Et parce qu’ils sont guitaristes, il est aussi naturel qu’ils y ajoutent une teinte de flamenco et de musique gitane.

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Francos, jour 7: Marie-Pierre Arthur, une fille et des guitares

Marie-Pierre Arthur était déchaînée au Club Soda. Photo courtoisie FrancoFolies/Jean-François Leblanc.

Nous étions tout juste à la fin de la deuxième chanson et Marie-Pierre Arthur lançait pour la deuxième fois un retentissant «  Oh Yeah ! » au micro. Fougueuse, enjouée et exubérante comme on ne l’avait jamais vue, la bassiste a transformé le Club Soda en fournaise mercredi soir.

Par Philippe Rezzonico

A l’écoute du disque, on avait déjà compris que les compositions de Aux alentours allaient donner plus de tonus à cette nouvelle tournée de la bassiste. Mais à ce point ? Vraiment pas. Ça ne faisait pas 20 secondes que la jeune femme avait amorcé Fil de soie dans un mode pop dissonant que la foule qui remplissait à ras bord la salle du boulevard St-Laurent battait la mesure. Premier cri de Marie-Pierre.

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The Barr Brothers en mode consécration

Brad Barr, leader d'un groupe inventif et novateur. Photo courtoisie Montréal en lumière/Victor Diaz-Lamich.

Après La Sala Rossa en mars et la première partie d’Arcade Fire au Métropolis en septembre 2011, The Barr Brothers s’offraient un Club Soda plein à craquer, mercredi, au Festival Montréal en lumière. Certes, le passage à l’émission de David Letterman en janvier a créé un engouement supplémentaire, mais la vérité, c’est que la splendide musique du groupe atypique est en train de prendre de plein droit sa place au rang des plus belles réalisations musicales récentes.

Par Philippe Rezzonico

The Barr Brothers, c’est tout sauf votre band folk habituel. Brad Barr chante d’une voix grave et joue de la guitare, frérot Andrew se charge de la batterie, Andrés Vial tâte des claviers, de la basse et de divers instruments, tandis Sarah Pagé en impose – au sens propre et au sens figuré – avec son jeu cristallin à la harpe. Une harpe, au sein d’un orchestre symphonique de 65 musiciens, ça passe presque inaperçu. Mais dans un quatuor à prédominance folk, c’est massif.

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Antoine Gratton, la dynamo humaine

Antoine Gratton, survolté. Photo courtoisie Montréal en lumière/Valérie Jodoin-Keaton

Connaissez-vous Mr. Excitement ? C’était le surnom de Jackie Wilson, l’une des plus formidables bêtes de scène de l’histoire de la musique américaine. Mardi soir, on avait son équivalent québécois au Club Soda. Il a pour nom Antoine Gratton et quand il décide de faire la fête, rien n’y personne ne peut y résister.

Par Philippe Rezzonico

Vêtu de son costume or à paillettes qui se veut la version ajustée du costume d’Elvis des années 1950, dansant au parterre, martyrisant ses ivoires, debout sur des tabourets, couché sur la scène, accoudé au bar, virevoltant avec ses choristes, chantant à tu tête et calant des shooters, Gratton n’a pas offert un spectacle. Ni même livré une performance. Il a dynamité le Club Soda.

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Antoine Gratton prêt à sauter dans l’arène

Antoine Gratton: ça va chauffer. Photo courtoisie Montréal en lumière/Valérie-Jodoin Keaton

Antoine Gratton a tout juste pris mon appel qu’il me dit qu’il me rappelle dans un instant. En voiture, qu’il est. Pas de problème. Deux, trois, cinq minutes s’écoulent… Pas de retour. Je signale de nouveau. Dès qu’il répond, je lui demande dans quel coin de Montréal peut-il bien être pour ne pas pouvoir se garer à l’instant. « Je suis à South Beach, dit-il. Il n’a pas vraiment de place pour se garer dans le coin. »

Par Philippe Rezzonico

Il y en a qui ne s’en font pas dans la vie. South Beach… A moins d’une semaine d’une rentrée montréalaise. Il y a des artistes qui ressentent visiblement moins de pression que d’autres avant les grands soirs. Comme les boxeurs qui vont s’entraîner en Floride avant des combats d’importance, le créateur de l’album La défense du titre fourbit ses armes loin de l’arène montréalaise.

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Tous les visages de Catherine Major

Catherine Major a offert une performance digne de son intensité proverbiale lors de sa rentrée montréalaise. Photo courtoisie Montréal en lumière/Victor Diaz-Lamich.

Pour une artiste dont le plus récent album se nomme Le désert des solitudes, Catherine Major était remarquablement entourée sur la scène du Club Soda, jeudi soir. Entourée des Mommies on the run (son quatuor à cordes), de ses princesses (ses musiciens masculins) et d’une foule attentive qui a pu goûter toutes les nuances de ses riches compositions, l’artiste la plus stressée qui soit a offert une performance à son image : intense, éclatée, lumineuse… et absolument pas linéaire.

Par Philippe Rezzonico

Parfois, on présume avant d’entrer dans une salle. Ce fut mon cas, jeudi. Je me disais qu’on allait avoir droit à des tas de chansons du nouvel et excellent disque de Major paru en octobre, album à la charpente classique et un tantinet atmosphérique s’il en est un. Avec présomption que nous allions avoir droit à un spectacle « d’écoute ». Imaginez, quand j’ai vu la sélection de chansons remises aux médias que la grande Catherine allait interpréter toutes les pièces de son disque…

Sauf que la scène, ce n’est pas le studio. C’est là que les artistes vivent avec les nuances, les éclats, les dérapages, bref, tout ce qui fait qu’un spectacle est une performance humaine. Major a bien compris ça.

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Catherine Major : instinct maternel et musical

Catherine Major. A fleur de peau. Photo Catherine Lefebvre

L’instinct. On peut tous en avoir dans nos vies, mais pour un artiste, c’est pratiquement un élément essentiel. Tel mot ou telle note ? Tel instrument ou tel arrangement ? On n’en sort pas. Au-delà de l’expérience, de l’expertise et du talent, à un moment, tu dois te fier à ton instinct et espérer qu’il te guide dans la bonne direction. Rien à craindre pour Catherine Major.

Par Philippe Rezzonico

Le désert des solitudes, paru en octobre, aura confirmé dès sa sortie que la démarche artistique de l’auteure-compositrice et interprète fut la bonne. A un moment, se mettre à nu, c’est risqué. D’autant plus vrai quand c’est ta réelle famille et ta famille rapprochée qui sont mises à contribution. Mais le pari est gagné. Deux Club Soda à guichets fermés attendent Major cette semaine, dans le cadre du festival Montréal en lumière.

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Que le vrai Pascale Picard Band se lève

Pascale Picard faisait sa rentrée, jeudi soir. Photo d'archives. Courtoisie Alain Décarie.

Avez-vous vu le Pascale Picard Band lors de la tournée de Me, Myself & Us ? Bien. Étiez-vous au Club Soda, jeudi, pour la rentrée montréalaise du Pascale Picard Band, virée A Letter To No One ? Si oui, vous devez arriver à la même conclusion que moi : ce n’est plus le même band.

Par Philippe Rezzonico

Ce constat –  déjà perceptible lors du lancement du nouvel album au printemps dernier – va cette fois au-delà des changements de personnel et des nouvelles chansons. Le Pascale Picard Band d’antan possédait une esthétique rugueuse et une fougue presque rageuse qui allaient plus loin que le look punk d’alors.

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Garland Jeffreys : Wild au Club Soda

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Garland Jeffreys est un artiste dont une partie de l’univers musical est liée à la rue et aux gens qui y vivent. Pas pour rien qu’il réside à New York et qu’il a écrit un hymne comme Wild In the Streets. En spectacle, c’est le parterre qui devient sa rue. Wild, le Garland. Wild au parterre !

Par Philippe Rezzonico

Franchement, j’ai cessé de compter. En excluant les quatre chansons offertes en acoustique durant lesquelles il était assis, Jeffreys a bien dû quitter la scène et descendre au parterre du Club Soda pour la moitié des 16 autres titres interprétés dimanche devant cette foule rassasiée au possible au terme de deux heures de performance.

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