Vagabondages en lumière

Le site de Montréal en lumière 2012. A des années-lumières des débuts. Photo courtoisie Montréal en lumière/Jean-François Leblanc.

The Lady is a Tramp, chantait le Rat Pack dans le temps. Hommes, femmes, enfants, Belges, musique, frites et chocolat : le week-end, en effet, était propice aux vagabondages de toutes sortes lors du festival Montréal en lumière. État des lieux.

Par Philippe Rezzonico

Je suis bien resté immobile deux minutes, vendredi, histoire de prendre le temps d’admirer le site extérieur du festival MEL et de faire le lien avec le passé. Il y a 13 ans, lors de la première édition, il y avait une grosse boule qui ne servait pas à grand-chose sur l’esplanade de la PdA, une glissade faite de neige naturelle, un froid de canard et 37 personnes se demandant ce qu’elles faisaient là.

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Antoine Gratton prêt à sauter dans l’arène

Antoine Gratton: ça va chauffer. Photo courtoisie Montréal en lumière/Valérie-Jodoin Keaton

Antoine Gratton a tout juste pris mon appel qu’il me dit qu’il me rappelle dans un instant. En voiture, qu’il est. Pas de problème. Deux, trois, cinq minutes s’écoulent… Pas de retour. Je signale de nouveau. Dès qu’il répond, je lui demande dans quel coin de Montréal peut-il bien être pour ne pas pouvoir se garer à l’instant. « Je suis à South Beach, dit-il. Il n’a pas vraiment de place pour se garer dans le coin. »

Par Philippe Rezzonico

Il y en a qui ne s’en font pas dans la vie. South Beach… A moins d’une semaine d’une rentrée montréalaise. Il y a des artistes qui ressentent visiblement moins de pression que d’autres avant les grands soirs. Comme les boxeurs qui vont s’entraîner en Floride avant des combats d’importance, le créateur de l’album La défense du titre fourbit ses armes loin de l’arène montréalaise.

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Diane Tell: la belle dame chanceuse

Diane Tell: 30 ans de carrière...et un peu de chance. Photo courtoisie Montréal en lumière.

Ça faisait bien 20 minutes que l’entrevue était amorcée quand j’ai réalisé à quel point Diane Tell répétait souvent qu’elle était chanceuse, comme si cette carrière qui dure maintenant depuis plus de trois décennies était presque uniquement le fruit du hasard et du timing. J’en doute. N’empêche, il est vrai que dans la vie, on fait sa chance. Et sur ce plan, la Québécoise originaire de Val-d’Or n’est pas en reste.

Par Philippe Rezzonico

Faire sa chance, c’est parfois tourner à droite plutôt qu’à gauche, reculer pour mieux sauter, ou foncer en avant. En 2010, Diane Tell a fait un retour dans sa ville natale pour les célébrations du 75e anniversaire de la municipalité. Sa dernière présence là-bas datait d’une ou deux éternités.

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Philippe B et ses somptueux fantômes

Philippe B et le Quatuor Molinari pour l'intégrale de Variations fantômes. Photo courtoisie Montréal en lumière/Jean-François Leblanc.

 

Si tu espères voir des fantômes, aussi bien sortir à l’heure où ils pourraient être pris d’une envie d’aller prendre l’air. Le deuxième spectacle offert vendredi soir sur le coup de 23 heures par Philippe B et le Quatuor Molinari au Conservatoire de musique était donc tout indiqué : L’intégrale de Variations fantômes en chair, en os et en musique. Somptueux fantômes, en vérité.

Par Philippe Rezzonico

Quelque part, durant l’enchaînement de Reprise et Ma photographe, je me suis dit «  Non mais, qu’est-ce que c’est magnifique ! », évidemment en pensée, pour respecter le silence absolu qui régnait dans la salle de concert où Philippe B, le Quatuor Molinari et leurs neuf collègues musiciens nous transportaient dans un univers d’une beauté musicale renversante.

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Tous les visages de Catherine Major

Catherine Major a offert une performance digne de son intensité proverbiale lors de sa rentrée montréalaise. Photo courtoisie Montréal en lumière/Victor Diaz-Lamich.

Pour une artiste dont le plus récent album se nomme Le désert des solitudes, Catherine Major était remarquablement entourée sur la scène du Club Soda, jeudi soir. Entourée des Mommies on the run (son quatuor à cordes), de ses princesses (ses musiciens masculins) et d’une foule attentive qui a pu goûter toutes les nuances de ses riches compositions, l’artiste la plus stressée qui soit a offert une performance à son image : intense, éclatée, lumineuse… et absolument pas linéaire.

Par Philippe Rezzonico

Parfois, on présume avant d’entrer dans une salle. Ce fut mon cas, jeudi. Je me disais qu’on allait avoir droit à des tas de chansons du nouvel et excellent disque de Major paru en octobre, album à la charpente classique et un tantinet atmosphérique s’il en est un. Avec présomption que nous allions avoir droit à un spectacle « d’écoute ». Imaginez, quand j’ai vu la sélection de chansons remises aux médias que la grande Catherine allait interpréter toutes les pièces de son disque…

Sauf que la scène, ce n’est pas le studio. C’est là que les artistes vivent avec les nuances, les éclats, les dérapages, bref, tout ce qui fait qu’un spectacle est une performance humaine. Major a bien compris ça.

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Philippe B: alchimiste des temps modernes

Philippe B et le Quatuor Molinari présenteront l'intégrale des Variations fantômes, vendredi, au Conservatoire. Photo courtoisie Montréal en lumière.

C’était à L’Astral, en novembre. Philippe B se produisait en programme double avec la Française L dans le cadre du Coup de cœur francophone. En toute franchise, des tas de gens étaient là surtout pour lui et pour entendre une poignée de compositions de Variations fantômes. J’en ai assez entendu pour me dire que l’interprétation intégrale du disque avec le Quatuor Mollinari prévue au festival Montréal en lumière risquait d’être du tonnerre. Je ne dois pas être le seul. Philippe B et ses amis proposent deux concerts, vendredi, au Conservatoire.

Par Philippe Rezzonico

Variations fantômes, c’est le cas classique du disque encensé par la critique, mais méconnu du grand public. Pas si rare, en vérité. Sauf qu’il est rarissime qu’un disque plébiscité par les journalistes spécialisés se retrouve au sommet de presque toutes les listes de meilleurs disques de fin d’année. Pas en sixième ou en huitième position. Non. Toujours, parmi les trois premiers de 2011. Partout.

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Fun, Fun, Fun avec les Beach Boys

Bruce Johnston, Al Jardine, Brian Wilson, Mike Love et David Marks: les Beach Boys, cuvée 2012. Photo courtoisie.

Depuis que l’on a vu les Beach Boys réunis, dimanche soir, au gala de remise des prix Grammy, on sait que les papys du surf possèdent encore des harmonies vocales à faire pâlir à peu près tous les groupes de la planète. Raison de plus de se réjouir de leur retour à Montréal, le 20 juin prochain au Centre Bell. Incidemment, le 20 juin sera le premier jour de l’été 2012 et la date du 70e anniversaire de naissance de Brian Wilson. Les astres sont alignés pour nous. Surfin’ Montréal…

Par Philippe Rezzonico

Brian Wilson, génie musical des Beach Boys, le chanteur Mike Love et Al Jardine – tous membres fondateurs du groupe en 1961 – ainsi que David Marks – guitariste en 1962 et 1963 – et Bruce Johnston, membre permanent depuis 1965, seront donc réunis dans cette tournée visant à souligner cinq décennies d’activités.

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Catherine Major : instinct maternel et musical

Catherine Major. A fleur de peau. Photo Catherine Lefebvre

L’instinct. On peut tous en avoir dans nos vies, mais pour un artiste, c’est pratiquement un élément essentiel. Tel mot ou telle note ? Tel instrument ou tel arrangement ? On n’en sort pas. Au-delà de l’expérience, de l’expertise et du talent, à un moment, tu dois te fier à ton instinct et espérer qu’il te guide dans la bonne direction. Rien à craindre pour Catherine Major.

Par Philippe Rezzonico

Le désert des solitudes, paru en octobre, aura confirmé dès sa sortie que la démarche artistique de l’auteure-compositrice et interprète fut la bonne. A un moment, se mettre à nu, c’est risqué. D’autant plus vrai quand c’est ta réelle famille et ta famille rapprochée qui sont mises à contribution. Mais le pari est gagné. Deux Club Soda à guichets fermés attendent Major cette semaine, dans le cadre du festival Montréal en lumière.

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Bon anniversaire Madame Gréco !

Juliette Gréco en spectacle à Paris. Le triomphe de la légende. Photo Marie-Noëlle Robert-Théâtre du Châtelet.

PARIS – Ça se traverse et c’est beau. C’est le titre du tout nouveau disque de Juliette Gréco qui atteindra nos rives dans deux semaines. Le concept ? Un disque dont les chansons sont liées aux ponts de Paris. Le pont, cela fait des années que Juliette Gréco le fait entre les générations qui n’ont pu entendre en personne tous les géants dont elle interprète les immortelles. Mardi soir, au théâtre du Châtelet, c’est ce qu’elle a encore fait le soir de son 85e anniversaire de naissance. Moment d’émotion pure.

Par Philippe Rezzonico

Un théâtre. Un vrai de vrai théâtre d’Europe avec ses loges et ses balcons étagés en demi-cercle comme il s’en faisait il y a quelques siècles. Ça change drôlement la perspective avant d’assister à une performance de Juliette Gréco. L’important, bien sûr, sera toujours le contenu, à savoir la performance, mais quand le contenant est aussi beau, ça rehausse le plaisir.

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Les Cowboys à L’Olympia, acte 2: en Français dans le show

Les Cowboys à L'Olympia: fougue, énergie et foule survoltée. Photo Étienne Chaput.

PARIS – « Une autre ! Une autre ! Une autre ! » Cette façon tout à fait française de demander des rappels est un classique en son genre. Et d’entendre le public parisien hurler sa joie aux Coboy fringants lundi soir, était l’une des nombreuses variantes en regard des spectacles vus au Québec au cours des ans.

Par Philippe Rezzonico

En passant, il n’y a pas de coquille dans le premier paragraphe : Coboy, c’est voulu. Les Français ne prononcent pas Cowboys (Kaw-boys) à l’anglaise, mais bien à la française (Co-boy). Cela noté, à ceux qui doutent encore que la bande de québécois n’est qu’un phénomène de curiosité en Europe, on vous confirme que le doute n’est pas permis.

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